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Du privilège de vivre dans un bâtiment historique

Prix des monuments historiques 2016

La 7e édition du Prix des monuments historiques du canton de Berne distingue une réalisation à Bienne : les propriétaires d’une maison jumelée dans le quartier de Beaumont ont restauré leurs intérieurs respectifs avec grand soin et amélioré l’équipement avec un minimum d’interventions. Le Prix 2016 des monuments historiques du canton de Berne récompense les maîtres d’ouvrage pour leur approche pragmatique, qui place systématiquement au centre la substance historique du bâtiment.

Au début du XXe siècle, les vignes surplombant le quartier du Faubourg du Lac, à Bienne, ont cédé la place à un quartier résidentiel cossu. Les nouveaux habitants étaient essentiellement des bourgeois aisés, attirés par la vue. Des architectes et des entreprises de construction leur ont emboîté le pas et bâti des maisons pour leur propre compte en vue de les revendre. Une de ces réalisations a obtenu désormais le Prix des monuments historiques du canton de Berne. Il s’agit d’une maison jumelée construite en 1903 par deux jeunes architectes, Walter Bösiger et Marcel Daxelhoffer. Ils ont conçu la maison selon une disposition asymétrique afin de s’adapter à l’exposition sud-est du terrain : la loggia et l’avant-corps incurvé qui se côtoient en façade assurent un ensoleillement maximal aux deux parties du bâtiment.

Qualité et esthétique : des choix convaincants

Regula et Kuno Cajacob, propriétaires de la moitié ouest de la maison, ont été conquis dès le début par la qualité de l’aménagement intérieur et par l’atmosphère particulière que dégageaient les fenêtres à l’ancienne et le grand poêle à catelles. Ils ont demandé conseil pour l’entretien à des artisans spécialisés et au Service des monuments historiques. Nombre de fenêtres sont d’origine et ont été rénovées avec beaucoup de précautions. La cuisine a subi les plus grands changements : la fenêtre a été transformée en porte-fenêtre donnant sur le jardin, ce qui offre un énorme gain de qualité de vie.

Approche pragmatique de la restauration

Nina et Sven Harttig se sont ensuite installés dans l’autre moitié de la maison. Architecte, Sven Harttig a abordé la restauration avec pragmatisme : il a rafraîchi les aménagements intérieurs, qui étaient de grande qualité. Pour le reste, il a limité ses interventions à ce qui était techniquement nécessaire ou qui apportait un gain de confort appréciable moyennant une moindre atteinte à la substance. Après une étude des tonalités, les propriétaires ont développé un concept de couleurs et de matériaux pour les boiseries, massives et sombres selon les goûts de l’époque. Ils ont choisi de laisser les éléments structurants en bois apparent et de repeindre une partie des autres éléments. Une cuisine et une salle de bain modernes ont été installées et les combles ont été aménagés. En 2014, les propriétaires se sont associés pour rénover la façade et le toit. Le concept de couleurs et de matériaux développé à cette occasion offrira un cadre approprié pour les futurs travaux d’entretien.

Vue de loin, cette maison jumelée à la rue des Alpes à Bienne a l’air d’une imposante villa. C’est seulement aux deux entrées et à la cloison dans le jardin que se reconnaît la division en deux moitiés indépendantes (Photo : Stefan Weber, Jens 2015).

Une question de proportionnalité

Les maîtres d’ouvrage ont aussi soigneusement étudié la consommation d’énergie. La toiture et le plafond des caves ont été isolés, mais le rez-de-chaussée et le premier étage, avec leurs fenêtres d’époque, n’ont pratiquement pas été touchés. La question de la proportionnalité et de la perte de substance est importante pour les deux couples de propriétaires. Bien sûr, la maison ne rivalise pas avec une construction récente sur le plan énergétique, mais son esthétique et la qualité de sa construction dégagent un charme unique. Les propriétaires s’accordent à dire que vivre dans un bâtiment historique est un privilège.